Le monde est calme, la paix règne, le marché a adouci les mœurs et le climat. Mais dans l’horrible passé, on se TUAIT !
La photographie s’est d’abord employée à photographier les merveilles du monde, et de valeureux explorateurs munis de chambres en bois s’en sont allés voir les étonnants sauvages, les pyramides, les négresses aux seins nus et tant d’autres nouveautés charmantes.
Mais, pendant la guerre de sécession, les photographes sont arrivés jusque sur les champs de bataille. Et là, il y avait… des morts.
Voilà l’original de la photo (1861) telle que l’on peut la télécharger sur le site de la bibliothèque du Congrès, après avoir mis au contraste standard et enlevé quelques accidents techniques. Photo sans chichis de morts banals. La mort au bord du chemin.
Doit-on la laisser dans sa banalité documentaire, ou en faire une image, un objet “plastique” ?
Demandons à Photoshop, qui a plusieurs avis sur le sujet.
Une première étape : la partie droite est bien grise, et un peu de contraste ne ferait pas de mal:
C’est déjà un peu plus dramatique. Mais ce qui émeut, ce sont ces visages figés, le rictus de la mort. On va les faire apparaître, en noircissant la photo :
C’est beaucoup plus terrible, mais la photo n’est qu’un champ foncé, sans aucune structure. Ennuyeuse, quoi. Profitons du chemin pour organiser un triangle, en partant de la deuxième photo:
Un triangle noir parsemé de visages d’un blanc très cadavérique, une flèche blanche qui structure le champ. L’objet photographique s’est amélioré. On va tenter une sur-dramatisation en fonçant, comme précédemment:
Voilà, le drame est presque achevé. Manque la couleur du sang:
Le virage rouge bouscule les plans, détache les corps qui semblent flotter, et a achevé la transformation de ces corps en “image”. Un poster ?
Que reste-t-il des pauvres bougres, morts, au bord du chemin ?





