Cœur de pierre

 

Non, de pire, rien. Par-delà des pics d’effrois

 

Plus d’affres, fruits d’affres vieilles, affreusement vont tordre à fond.

 

Consolateur, où donc, où donc est ta consolation ?

 

Marie, mère de nous tous, où donc est ton soutien ?

 

Mes cris montent, bêlent en foule, affluent en un malheur

 

Majeur, un malheur-monde; sur l’antique enclume il vibre et geint,

 

Puis s’alentit, s’abandonne. Hurle Furie :  » Pas de sursis, serai cruelle : forcée d’en avoir tôt fini. »

 

O l’esprit ; esprit a ses montagnes : effrayantes falaises,

 

Aux à-pics de vertige, insondés. Seul les minimise
Qui n’y fut suspendu! Et longtemps ne peut, notre infime

 

Endurance affronter cet à-plomb, cet abîme. Ici! Couché,

 

Pouilleux, sous le soulas que souffle la tempête : à toute

 

Vie mort met fin, et chaque jour meurt dans le sommeil.

 
_________________________________________________________________________

 

L’univers est chargé de la grandeur de Dieu.

 

 

__________

Gerard Manley HOPKINS  (1844 – 1889)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *