Inter-espèces – 8

 

Dégager les terriers pour la capturer n’était pas si simple que ça, la marmotte a toutes sortes de galeries de plusieurs dizaines de mètres, et pour des usages différents : cachettes en cas de fuite, tuyau de descente, dortoir collectif, toilettes, ou chambres secondaires… Dès la fin de l’été il fallait repérer et marquer un terrier d’hiver, garni de foin puis obstrué à l’automne, qui abrite toute une famille bien grasse pour l’hibernation. Creuser jusqu’au nid n’était pas facile du tout et toujours un très gros travail car les galeries tournent, il fallait savoir creuser des raccourcis, se repérer avec une longue baguette. On risquait des éboulements bien sûr, mais aussi d’être pris par les premières tempêtes de neige de l’hiver, et même enseveli par une avalanche quand on y allait trop tard. Les marmottes étaient ramenées inertes et conservées au frais, en état d’hibernation, constituant une bonne réserve de viande pour varier un peu de la sempiternelle « chèvre salée », c’est-à-dire du vieux bouc séché, malodorant et difficile à mastiquer… Ou alors elles partaient en ville avec les petits montreurs de marmotte. Mais si quelques-unes se réveillaient et s’enfuyaient, ou mordaient le dos du chasseur du fond de son sac, c’était l’occasion d’une anecdote à raconter pendant la veillée.

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