Métamorphoses-2

 

Sur ce roc carié que ruine la mer,
Dites, serai-je seul enfin avec la mer,
Dites, serai-je seul enfin avec mon âme ?

Et puis mourir , redevenir rien.
Être quelqu’un qui plus ne se souvient
Et qui s’en va sans glas qui sonne,
Sans cierge en main ni sans personne,
Sans que sache celui qui passe,
Joyeux et clair dans la bonace,
Que le nocturne et angoissant domaine
En deuil de sa maison d’ébène,
Où plus ne brûle aucun flambeau,
Renferme un mort et son tombeau.

Émile Verhaeren

 

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