Encore Venise – revue de détails

 

D’une manière générale et jusqu’au 19ème siècle, dans cette république du soupçon, de la délation et de l’arbitraire, le pouvoir vénitien (doges et Conseil des Dix) se méfiait comme la peste de toute force armée, redoutant complots et coups d’état : même les équipages des galères en cours d’armement (jusqu’à 30 000 soldats au total) étaient cantonnés au Lido, loin de la ville.

Pour les patrouilles ou arrestations (en gondole), les Dix ne se reposaient donc pas sur une « force de police » constituée (elle n’exista qu’à partir de l’occupation autrichienne puis française) mais sur des civils armés recrutés dans les quartiers, des sortes d' »exempts » politiquement sûrs, épaulés par quelques arquebusiers.

De même, à l’Arsenal, cœur de l’activité vénitienne où bagarres et vols pouvaient compromettre le travail des 3 000 artisans et des centaines d’ouvriers-ouvrières, la police interne était assurée par les « arsenalotti » eux-mêmes.

Ne voyez pas Venise avec les yeux de la légende : une ville de fêtes, d’art, de musique et de danse, une cité des plaisirs. Mais plutôt comme une salle des coffres regorgeant de richesses dont la protection était assurée par un véritable régime fasciste et ses « chemises noires » (en l’occurrence des capes noires).

L’organisation par Mussolini de son grand conseil et de ses ligues s’est plus tard inspirée de l’exemple vénitien. Et, de même, le nazisme débutant a reposé sur une force « civile » (non militaire), les SS.

Forum « Passion Histoire »

 

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